Pourquoi une trame fixe
La première consultation dure souvent une heure et demie. Vous y récoltez plus d'informations que vous n'en retiendrez, et vous y reviendrez pendant des mois. Si chaque anamnèse a sa propre structure, vous ne pouvez plus comparer deux séances du même client, ni retrouver en dix secondes ce que vous cherchez pendant qu'il vous parle.
Une trame fixe règle trois choses d'un coup : vous n'oubliez pas de rubrique, vous relisez vite, et vous voyez évoluer un même point d'une séance à l'autre.
Les huit blocs d'une anamnèse complète
1. Le motif, dans ses mots
Notez la plainte telle qu'il la formule, entre guillemets, avant de la reformuler. « Je suis fatigué tout le temps depuis l'hiver » vous servira plus tard que « asthénie chronique ». Ajoutez depuis quand, ce qui l'améliore, ce qui l'aggrave, et ce qu'il a déjà essayé.
2. Les antécédents
Personnels et familiaux, opérations, traitements en cours, compléments déjà pris. Les traitements en cours ne sont pas une curiosité : ils conditionnent ce que vous pouvez conseiller sans risque d'interaction.
3. L'alimentation
Plutôt qu'un questionnaire théorique, demandez le déroulé des trois derniers jours. Horaires, composition, boissons, grignotages, contexte du repas. Ce qui est déclaré en général et ce qui s'est vraiment passé avant-hier sont rarement la même chose.
4. Le sommeil et le rythme
Heure du coucher, délai d'endormissement, réveils nocturnes et leur heure, qualité du réveil, écrans, travail posté. L'heure des réveils est une information à part entière.
5. L'activité physique et le mouvement
Type, fréquence, intensité, mais aussi la sedéntarité réelle de la journée de travail. Quelqu'un qui court deux fois par semaine et reste assis neuf heures par jour n'est pas une personne active.
6. L'émotionnel et le stress
Charge mentale, événements marquants récents, soutien autour de lui, ce qui le détend vraiment. Une échelle de 0 à 10 noteée à chaque séance vaut mieux qu'un adjectif, parce qu'elle se compare.
7. Vos observations
Ce que vous constatez vous-même pendant l'entretien : posture, teint, respiration, tonus de la voix, ce qui change quand il aborde un sujet. C'est la partie que lui ne peut pas vous donner.
8. L'objectif et le plan
Un objectif formulé par le client, pas par vous, et deux ou trois actions seulement pour la période qui vient. Une anamnèse qui débouche sur douze recommandations ne débouche sur rien.
Ce qu'on ne note pas
Un point de prudence qui n'est pas qu'une question de style. En Belgique, la naturopathie n'est pas une profession de soins de santé reconnue, et poser un diagnostic relève de l'exercice de la médecine, réservé aux médecins.
- N'écrivez pas un nom de maladie comme votre conclusion. « Fatigue persistante, réveils à 3 h, digestion lente » décrit ; « hypothyroïdie » diagnostique.
- N'écrivez pas qu'un conseil remplace un traitement en cours, et ne suggérez pas de l'interrompre.
- Notez en revanche ce que vous avez dit, y compris le renvoi vers un médecin quand vous l'avez fait. C'est votre meilleure trace si la question se pose un jour.
Le détail du cadre est dans notre guide sur le statut de praticien en Belgique.
Faites remplir la moitié avant la séance
Les blocs 2 à 5 — antécédents, alimentation, sommeil, activité — sont factuels. Votre client peut les remplir lui-même, chez lui, au calme, au moment où il prend rendez-vous. Vous récupérez une heure d'entretien pour ce qui a vraiment besoin de vous : le motif, l'émotionnel, vos observations, le plan.
C'est exactement ce que font les formulaires pré-séance de Theradoo : vous composez votre questionnaire, votre client le remplit en réservant, et ses réponses sont reprises dans la séance que vous créez depuis ce rendez-vous. Vos rubriques d'anamnèse, elles, se définissent une fois et reviennent identiques à chaque consultation.